mercredi 30 juin 2010

Bruxelles - Perturbation à la grande messe de la Basilique

Ce jeudi, la grande messe qui se tenait à la basilique de KOEKELBERG et qui avait l'honneur d'accueillir une déléguation de 70 prêtres a été quelque peu perturbée. L'archevêque Monseigneur Léonard ne pouvait malheureusement pas faire partie de cette grande fête mais cela n'a pas empêché un petit groupe de personnes de venir interférer un moment le défilé solennel et silencieux de l'eucharistie, instant rituel de communion avec dieu. Des préservatifs remplis de shampooing sont jetés à travers les bancs de fidèles, de la teinture rouge vient colorer l'eau sacrée d'un bénitier, des slogans sont gueulés et, au moment de quitter l'assemblée hostile à l'intervention, deux alarmes suspendues à des ballons d'hélium s'envolent vers les hauteurs de la basilique. Elles vont se nicher contre le plafond et feront résonner leur douce mélodie bien après cette apparition furtive.
Le texte qui suit est également dispersé dans les airs au dessus de la foule:

Mon corps, je veux le sentir et le satisfaire, écouter ses besoins, ses désirs et ses cris de détresse. Car ce sont les miens.
Et si j’ai faim, je ne me prosternerai pas, je ne prierai pas pour la rédemption, je n’attendrai pas le paradis. Je déteste la faim, le froid et la souffrance et c’est pourquoi je volerai des magasins, des églises, des riches.
Si je me sens attiré vers quelqu’un du même sexe, alors je n’irai pas confesser et expier, je n’aurai pas de honte pour mon amour et mon envie. Non, moi je jouirai et je goûterai avec volupté de mon corps et de celui de mon amant.
Si je ne veux pas de bébé et je me retrouve quand-même enceinte, je ne me sentirai pas coupable. Je n’essayerai pas de me cacher aux yeux d’un quelconque dieu. Non, moi, si je le veux, j’enlèverai le fruit de mon corps et vivrai en harmonie avec ma décision sur mon futur.
Non, je ne supplierai pas, je ne prierai pas, simplement parce que je ne veux ni merci ni pardon. Ma vie, je la tiens dans mes propres mains et personne n’est digne que je m’agenouille devant lui.
Car j’ai une tête, et avec ma tête je peux réfléchir. J’ai un corps, et avec mon corps je peux sentir. Je peux être moi-même, développer mes propres pensées, frayer mon propre chemin. J’ai mis le feu à la bible, à tous les livres saints et aux codes légaux avec le soufre de mon individualité.
Et par là, je suis maintenant capable de rêver et je combats tout ce qui étouffe mes songeries. Je peux jouir de mon corps et de mon imagination érotique. Je ne veux pas me marier, jamais. Mais je veux embrasser et baiser, beaucoup. Développer des relations basées sur la liberté, fondées sur une connaissance réciproque de désirs et d’idées et pas sur les barreaux d’une union obligatoire et éternelle.
Aujourd’hui je suis venu ici. Je suis venu ici pour bloquer vos mots. Parce ce que je n’accepte pas vos mensonges sur des dieux, des diables et des paradis. Je n’accepte pas la maladie meurtrière que vous prêchez ; les chaînes que vous forgez ; l’hypocrisie avec laquelle vous étouffez vos actes et ceux de vos congénères ; le pouvoir dont vous vous usez et profitez ; le sang avec lequel vous bâtissez des églises et des palais ; les innombrables guerres que vous avez menées et que vous continuez à mener au nom d’un christ mort et d’un dieu autoritaire. Je n’accepte pas les fables qui sont utilisés pour encager et détruire des gens.
Oui, je pèche, et je le crie haut et fort. Ce n’est pas le diable qui me séduit, mais bien le sang chaud qui bouillonne dans mon propre corps ; et mes propres pensées auxquelles je donne jour après jour forme avec ce que je vois, ce que j’expérimente, entends, lis et sens. La religion est le coup mortel pour la vie, toutes les religions et tous leurs prédicateurs en sont responsables.
Si je viens aujourd’hui, c’est pour cracher à la gueule d’un de ces prédicateurs, le monseigneur L. Car c’est bien son haleine vénéneuse qui répand la soumission de la femme dans des livres, qui renforce les choix des pieux contre l’avortement, qui est aujourd’hui à la tête de cette institution patriote.
Je n’ai pas peur pour les mots de ce type misérable et mesquin. Je ne me résignerai pas face aux agressions de mon être, ni quand elles proviennent des religions, ni quand elles proviennent de ce monde en permanence porteur d’oppression. Je refuse de jouer ce jeu. Et ainsi, je danse sur le rythme de ma vie, le rythme de la révolte qui méprise les symphonies de la mort.

Au nom de moi-même.

25.06.2010
http://www.cemab.be/news/2010/06/9732.php